mercredi 3 août 2011

Ronald et le palace caravane

Jour 15 ; mardi 2 août ; Villerest (42) – Digoin (71) ; 90 km

Encore un temps magnifique avec la chaleur en plus, ce n’est pas pour me déplaire ! Il faut dire aussi que c’était le journée la plus plate depuis le début, le long du canal de Roanne à Digoin et sa fraicheur une bonne partie de la journée.
Après un long café à Roanne, la mise en ligne de l’article et des photos d’hier (merci les hotspots SFR et Free !), je ne prends la route, ou du moins le chemin, que vers 11h30. Et ce n’est pas la beauté de Roanne qui m’a retenue ! Il faut préciser que trouver des épicerie, boulangerie, charcuterie n’est pas chose évidente. Ah ça, pour acheter des vêtements, placer de l’argent ou faire un prêt à la banque, contracter une assurance, boire un coup, on est servi mais pour acheter des produits alimentaires de qualité, on l’est moins !

Les premiers 30 km sur le chemin de halage sont un vrai bonheur et je ferai ma longue pause déjeuner coincé entre canal et Loire, sur une herbe particulièrement verdoyante et sous les grands érables. Par la suite, les choses se gâtent et le chemin devient très chaotique, il faut trouver une route de substitution. Merci à Ronald de m’indiquer une magnifique voie verte, on y reviendra. Au fil des kilomètres, les styles architecturaux changent tranquillement, les toits s’assombrissent et s’orientent sur l’ocre foncé, leurs pentes se durcissent. La Bourgogne est déjà là.

La voie verte. Après avoir tanné certains avec la zone de rencontre, je dois vous expliquer la voie verte. Inscrite au code de la route, c’est une voie exclusivement réservée aux cyclistes et piétons, voire aux cavaliers exceptionnellement et interdite aux véhicules motorisés. C’est notre petit paradis, nous autres les modes doux ou actifs ! Son but est à la fois le loisir, le tourisme mais aussi utilitaire. Le plus souvent, elles bordent les voies d’eau (les Toulousains connaissent bien le Canal du Midi) ou remplacent les lignes de chemin de fer désaffectées (non, non on ne supprime pas les trains pour mettre des vélos, on supprime les trains parce que l’essence est encore très bon marché et que les problèmes de réchauffement climatique pas encore assez catastrophiques…). Bref, les avantages sont multiples : sécurité, jamais de fortes pentes et absence du “bruit et de l’odeur” de qui vous savez !!! Petite illustration avec celle entre Iguerande et Marcigny. A l’attention des élus, non un simple trottoir ne peut pas être classé voie verte parce qu’on n’a pas aménagé règlementairement de voie cyclable. Les trottoirs aux piétons !! .|
Sinon, je bivouaque pour la première fois, en bord du canal de Loire, juste après Digoin. Plutôt envoutant de se retrouver isolé même si j’entends actuellement un couple s’engueuler à 200 mètres de là… Par contre, il y a plein de bêbêtes qui font plein de bruits bizarres dehors, on dirait qu’elles se jettent sur la tente !!!

A oui, je dois vous parler de Ronald Bonnefond. Alors que je lisais en bord de canal, un gars s’arrête. Sur un vieux vélo et vêtu d’un gilet fluo, je sens qu’il veut causer. Ronald m’indique la voie verte précédemment citée. Il est éboueur à la retraite et connais bien le coin,  “on était deux gars, un conduisait le camion et l’autre était derrière, en été y’en avait un deuxième derrière” et sans transition m’avoue sa passion pour les maquettes ! Il sort alors des articles de journaux de son porte-feuilles, que je lis consciencieusement. Il a en fait réalisé une maquette reproduisant un cirque, qu’il expose sur les marchés et qu’il transportait fut un temps en mobylette ! Comme un vrai cirque, il range sa maquette dans 80 camions miniatures, si j’ai bien compris. Mais ce n’est pas tout, il collectionne les Paris Match, depuis le N° 1 (1949 mais j’ai oublié la date exacte) ainsi que les Astérix, surtout les “dos blancs”, comprendre les albums avec un code spécial au dos… Ronald a payé son vélo 10€, a monté un éclairage au même prix et porte un tee-shirt “palace caravane”. Non, non rien à voir avec le groupe “caravan palace”, c’est son beau frère qui a plus de 400 caravanes. Je demande alors  “Il les collectionne ?”  ,  et lui de me montrer la petite inscription sur le tee-shirt :  “gardiennage”. Il n’y a aucune condescendance dans se récit, c’est juste une tranche des rencontres que je fais et qui font tout l’intérêt et le charme de ce type de voyage.

Jour 16 ; mercredi 3 août ; Digoin (71) – Decize (58) ; 87 km

Je devais parcourir moins de 70 km pour arriver en début d’après-midi chez mon oncle et ma tante tout près de Decize. Si je fus ponctuel, le compteur dépassait allègrement la distance prévue. Cela arrive tous les jours et je crois que je roule trop par rapport à mon planning car je suis en avance de presque 3 jours. Je ne devrais pas caler mes étapes en fonction de la distance inter villes sur la carte mais en prenant une marge de 20 à 30%. Ce n’est pas bien grave car s’il y a bien un intérêt à voyager à vélo c’est ce sentiment de liberté absolue que cela procure. On est complètement déconnecté de la vraie vie, la quotidienne que l’on se rend souvent un peu stressante et agitée.

J’avoue qu’aujourd’hui j’ai vécu des moments un peu pénibles et énervants sur le vélo. Je pensais être raccordé au réseau Eurovélo6, célèbre itinéraire cycliste de l’Océan à la mer Noire et bien j’ai cherché ma route, à naviguer entre le chemin de halage du canal de Loire, parfois peu carrossable, les routes parallèles…. Chers élus des CG, mettez en valeur votre patrimoine de voie d’eau en créant des voies vertes signalées sur le halage (comme entre Digoin et Bourbon-Lancy), ça vous coutera moins cher que quelques centaines de mètres d’échangeurs ou quelques rond-points géants ! Du coup j’ai pris des bouts droits de presque 10 km sans un virage, vent de face, avec des voitures lancées comme des balles...  Ne nous plaignons pas, je suis passé entre les gouttes ou du moins j’ai pu m’abriter lorsque les averses s’approchaient.

Finalement, je suis bien arrivé dans ma famille, oncle , tante, cousine, que je n’avais pas vu depuis bientôt 15 ans ! J’ai été touché de les revoir, surtout en débarquant  à vélo, c’est assez spécial. Reçu comme un roi, je vais pouvoir bien récupérer de ma nuit orageuse de bivouac d’hier !

4 commentaires:

  1. Très beau périple que tu nous fait vivre. Ça nous donne vraiment le goût de prendre la route nous aussi!
    Je dois aussi te féliciter pour la qualité de ton récit et celle de tes photos... superbes!
    Etienne

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  2. ronald fait il aussi des maquettes de tour Eiffel en allumettes???

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  3. Effectivement mettre des panneaux pour indiquer les voies vertes et autres pistes cyclables, ça fait aussi partie du boulot de la construction. Mais c'est un problème récurrent un peu partout je trouve, rien qu'à Toulouse combien de fois je me suis posé des questions pour savoir ou j'allais débarquer en suivant cette piste (et encore après l'avoir trouvé).
    Thierry

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  4. Il aurait pu s'appeler Ronald Pignon et faire des Tour Eiffel en allumettes mais les maquettes de cirque sont pas mal non plus ! En tout cas très attachant ce gars. J'ai oublié de dire, il possède le record de distance en rando pédestre, 56 km en une journée !

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