Il convient peut-être de préciser que dans ma vie quotidienne, j'ai fait le choix de renoncer à la voiture individuelle. Bien sûr je ne circule quasiment qu'à vélo dans l'agglomération toulousaine mais je milite aussi pour le développement du vélo en ville et pour sa reconnaissance comme moyen de transport à part entière, ce qui est loin d'être le cas. Ce voyage à vélo a donc une connotation particulière, c'est à dire quelque peu militante.
La voiture, comme la technologie, n'est ni bien ni mal mais elle est ce qu'on en fait... Pourtant, la voiture symbolise tellement la société "moderne", celle issue des 30 glorieuses, celle basée sur la croissance que nos dirigeants et beaucoup souhaitent infinie et la plus forte possible, celle du toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin, celle du matérialisme où l'avoir prend le dessus sur l'être (les voitures sont maintenant vendues suréquipées, tout est dans la sémantique !!!) . On lui doit une bonne part de nos modes de vie. Et le problème réside dans le fait que ces modes de vie vont à l'opposé d'une vie apaisée, humaine, socialement riche, où l'autre est un ami et non un ennemi. Et la voiture exacerbe tout cela. Elle révèle notre égoïste car on conduit contre les autres et non avec, on privatise le bout de route sur lequel on se trouve, on privilégie le confort et la facilité apparent du moment au vivre ensemble et au respect du futur. Polluer, prendre le risque de blesser voire tuer, faire du bruit, s'accaparer l'espace public, engloutir les impôts est souvent préféré à des déplacements plus raisonnés, pacifiés, conviviaux, économes, "propres", doux et actifs. Pour moi, la voiture est le cancer des villes, elle s'est imiscée partout au détriment des piétons et bien sur des vélos, la ville s'est ainsi développée depuis 50 ans autour d'elle et ses nombreux adeptes, majotitaires (dont pas mal d'élus), sont conservateurs et pèsent encore sur les orientations politiques des cités.
Ce matin le journal faisait ses titre sur Toulouse, championne de France des bouchons. Evidemment l'angle dominant de vision du problème est la qualité et la quantité des infrastructures routières voire de transport en commun mais très rarement une remise en cause du nombre de voitures, du nombre de déplacements, des distances parcourues au quotidien, toujours plus importants ainsi que de l'urbalisation, des lieux de vie... Quant le prix de l'essence est abordé, on parle spéculation, taxe, crise passagère mais rarement pic pétrolier, décalage offre et demande en brut et litre à 5€.

Alors à vélo j'ai l'impression d'être le pot de terre, tout fragile, qui se bat contre la culture dominante liée à l'automobile, qui cherche un peu de respect et qui contribue à construire une autre société complètement différente et à taille humaine. Dans la rue et sur les routes la place faite à la voiture est en opposition à celle faite aux transports actifs. Le vélo est pourtant un mode de transport est tellement (certainement trop) simple et efficace ! Prendre sa voiture en ville ou sur des petites distances s'est chasser les vélos et les mettre en danger, c'est aussi un acte militant dans l'autre sens.
Alors à l'occasion de ce voyage, je serai ce militant qui se déplace à vitesse raisonnable, qui découvre des contrées à portée de pédale, qui rencontre ses habitants dans le respect
Certains parleront d'ayatollah du vélo. Pour ma part, les ayatollahs me semblent être ceux qui mises tout sur la bagnole et pensent que cette situation continuera. Je ne suis pas contre la voiture en elle-même mais contre le tout voiture actuel. La voiture existe depuis 100 ans, comme l'exploitation du pétrole et cela est donc relativement récent. Pour combien de temps encore ? Le vélo précédait la voiture, il lui survivra.
Photos : "la voiture s'est la liberté" comme ici un matin comme un autre à Toulouse - Un jour les Champs Élysée seront peut-être rendus aux vélos et aux piétons !!! velorution Paris 07/2010