mercredi 31 août 2011

Rappel, le jeu de l'enclume

Petit rappel, le jeu de l'enclume, est en cours jusqu'au 10 septembre, date de mon retour prévu. Il faut deviner le poids vélo + chargement. Le vainqueur aura l'honneur de piloter l'enclume et mais aussi de diner au resto avec moi !!!

Pour jouer, inscrivez votre chiffre en commentaire en bas du message d'origine .

A bientôt !



Les roues dans l’eau

Jour 43 ; mercredi 31 août ; Talmont St Hilaire – Esnandes ; 110 km

Aujourd’hui, on continue à descendre la côte avec des cités balnéaires sans grand intérêt. Sur près de 10 km, des pavillons sans interruption : voici une ville.

Plus loin, au niveau de la baie d’Aiguillon, un spectacle assez poignant s’offre à moi : des dizaines et certainement même des centaines de maisons, récentes pour la plupart, à l’abandon en attente de destruction. Les suites de la tempête. Ces villas sont bâties pratiquement sous le niveau de la mer et voir ainsi tout un quartier vidé, la zone de solidarité est-il écrit sur les arrêtés préfectoraux affichés, est assez saisissant. La commune concernée est “La Faute/Mer”. La faute à qui ? Un peu à tout le monde, un peu à personne. Mais disons-nous bien que ces tempêtes à répétition sont peut-être la conséquence du changement climatique en cours qui est anthropique. Au bénéfice du doute et au nom du principe de précaution, il serait peut-être urgent de changer notre société ou du moins de réfléchir à faire autrement plutôt que réfléchir à relancer la croissance et à soutenir le cours du CAC4O, coute que coute… Les tenants de la croissance me répondent par la métaphore cycliste. Mais quand on s’arrête, on tombe. Or, tout cycliste normal, s’il ne peut plus avancer, met pied à terre, donc ne tombe pas, et réfléchit à faire demi tour ou à bifurquer sur une route moins compliquée !

Cette zone, comme tout le marais poitevin en bord de baie est le fruit de l’assèchement par les hommes depuis plus de 300ans. Si j’avais fait mon périple il y trois siècles, j’aurais eu les roues dans l’eau ! Maintenant ce sont d’immenses champs de céréales à perte de vue et à vélo, sur des sentier parfois non goudronnés, vent de face, en ligne droite sur des kilomètres, je vous assure que c’est épuisant.

Pour le camping et la fin d’étape, je passe en Charente Maritime, non loin de la Rochelle. J’emprunte une route sympa pour longer la côte et là, de l’eau, la mer l’a submergée ! Cette route n’est recouverte que lors des très fortes marées, telle celle-ci, coef 112 ! J’y reviendrai un peu plus tard pour la franchir, les roues presque au sec !

Sur mon vélo, la réflexion que j’entends le plus, qui ne m’est pas directement destinée en général, est “il est chargé lui !”. Sachons que “chargé” est synonyme de “dopé” en langage cycliste mais loin l’idée que l’on m’ait qualifié de chaudière. L’effet sacoche intrigue et laisse une impression de gros chargement mais en discutant, les gens conviennent quand même qu’ils partent en vacances avec légèrement plus que moi ! Aujourd’hui un gamin s’est quand même exclamé “regarde papa, c’est super ce vélo”  et un papi s’est arrêté pour me parler, nostalgique, de ses vacances à vélo quand il était jeune. Ce sont ses meilleurs souvenirs de vacances !

Et demain, je pense bien faire un petit détour par l’ile de Ré car ma prochaine escale est programmée pour vendredi à St Palais/Mer. Ca devrait être jouable !

La peur du vélo à vélo

Jour 42 ; mardi 30 août ; St Jean de Monts – Talmont St Hilaire ; 99 km

Pour le début de ma 7ième semaine de voyage, j’aligne les jours de beau temps et je commence à avoir pas mal de couleurs, je suis même un peu cramé du visage et des épaules. C’est ça la dure vie de baroudeur !
Aujourd’hui n’a pas été la journée la plus belle. La côte est très urbanisée, à l’exception d’une forêt, d’un marais ou de dunes protégées (cités dans l’ordre) présentés comme les derniers refuges de biodiversité. Les villes sont des cités balnéaires sans grand intérêt, hormis quelques jolis ports comme ceux ce St Gilles Croix de Vie et des Sables d’Olonnes.

Les paysages étaient également un peu spéciaux car aujourd’hui et demain sont des jours de gros coefficients de marée. Les rochers et les plages se découvrent beaucoup mais aussi disparaissent totalement comme la plage des Sables d’Olonne !

Sinon, les pistes cyclables vendéennes sont vraiment pas mal. Le jalonnement est clair et  efficace. Les villes jouent aussi le jeu avec les Sables d‘Olonnes qui a même réservé une emprise de 2 voies de voitures rien que pour les vélos alors que les voitures n’ont qu’une seule voie ! Chapeau, mais ce n’est que justice !
Du coup, il y a beaucoup de cyclistes dessus (et aussi quelques piétons…) et il se trouve que je roule un peu plus vite que la moyenne donc je dois doubler. En général, je donne un petit coup  de sonnette, un “ting” tout gentil. Certains ne l’entendent pas ou du moins ne réagissent pas au premier coup. Parfois, c’est l’affolement général (bon allé, j’avoue je force le trait) car en général les gens roulent un peu n’importe où, en zigzagant. Et là ils sont pris de panique et zigzaguent encore plus ! L’un d’eux crie “attention vélo” et s’il y a un enfant, lui hurle de rouler à droite. Le gamin s’arrête en plein milieu, ne comprenant pas ce qu’on lui veut. Et là il se fait évidemment engueuler ! Je double alors en espérant quand les esprits se soient calmés et en disant un petit merci au passage.

Voilà pour une famille française. J’ai testé la famille hollandaise. Déjà les gens roulent bien en ligne et à droite. Ils maitrisent la situation. Coup de sonnette. Une personne fait un petit signe de la main pour dire “ok, entendu, allez-y”. Au passage, petit sourire et petit bonjour sympathique de leur part. Quand le vélo fait partie de la culture et est utilisé régulièrement, c’est plus facile !!

Mais à partir du moment où il y a respect, y compris des peurs, tout se passe bien.

lundi 29 août 2011

Enfin à l’eau

Jour 41 ; lundi 29 août ; St Gervais – St Jean de Mont ; 102 km

Une sacrée belle journée avec du ciel bleu et plein de soleil. Bon, il ne fait pas chaud mais je crois avoir un peu rougi des cuisses (la partie au dessus des traces du cuissard !). Au bout de 6 semaines c’est le comble.

Ce matin, grand moment, le passage du Gois mais petite déception. Marée basse à 11h50, j'arrive vers 10h30 mais c'est une autoroute à voiture doublée d’un parking digne de Carrefour Portet… Les pêcheurs à pieds sont de sortie pour une marée basse en fin de matinée, et il y a beaucoup de monde. A vélo, la route submersible est facile à rouler.

Au bout se trouve l’ile de Noirmoutier, j’y ai passé une partie de la journée à flaner dans les petits  hameaux aux maisons blanches et en bord de mer à observer les pêcheurs et la marée montante. Les sentiers cyclables sont sympas, en majorité sur des chemins sablés mais interdits aux voitures donc sans ornières et trous. Ils sillonnent les marais où nichent des tas d’oiseaux. C’est reposant et assez fascinant.

Après avoir franchi le pont, mini St Nazaire, me voilà en direction de St Jean de Monts. Ce dernier mot me faisait un peu peur mais ils auraient pu l’appeler monticules. Le sentier serpente dans la forêt. Agréable mais on ressemble à un coureur de Paris Roubaix les jours de beau temps pour peut que l’on transpire un peu. J’ai alterné avec la petite route en parallèle.

St Jean de Monts est moche, bétonné avec d’immenses plages. Et pour la première fois du périple, je me suis baigné. Bon 1/4 h maxi mais c’était agréable. J’ai greloté 1/4 h après mais rien de grave ! D’ailleurs ce soir il fait 17 °C et je vois plein de gens en tee-shirt et short. Même l’hiver il fait plus chaud chez eux, y’a un truc que je comprends pas, sans doute un mode “été” activé dans le cerveau !

Et demain, la côte, toujours la côte mais sans côte pentue et j'espère baignade, ce sera bon signe !

St Nazaire bis

Jour 39 ; samedi 27 août ; Guérande – St Brévin l’Océan ; 96 km

Le beau temps est presque revenu. Un seul petit grain est à constater en arrivant au Croisic mais rien de méchant. Ce petit port a pas mal de charme, tout comme la côté sauvage qui s’étire à l’ouest. Je m’y pose pour le pique-nique, face à l’océan mais en plein vent.

Par la suite, je poursuis mon incursion en “rupinland” à la Baule et Pornichet qui sont d’une certaine laideur et même d’une laideur certaine ! La côte est bétonnée et les bourgeois immatriculés pour la plupart 75 ou par là s’y promènent, non sans cultiver le cliché dans leur apparence. Je me chantais la chanson de Brel ! Mais le destin m’indique de passer mon chemin par l’intermédiaire d’un fort vent dans le dos qui me propulse sur la bande cyclable du front de mer à 40 km/h ! Précisons que la limite de vitesse est 30 mais que les voitures me doublent quand même ! Et me voilà à la plage de Mr. Hulot. Je m’y arrête symboliquement car je suis assez fan de Tati.

Me voici à St Nazaire où j’apprécie la déambulation au milieu de la zone portuaire. Original. J’admire l’énorme paquebot en chantier tout en entamant l’ascension du pont, la seconde. Elle se révèle plus périlleuse que la première à cause du fort vent latéral qui me pousse vers les voitures mais je lutte ! A chaque ancrage de câble, le vent est coupé et du coup ça me donne une impulsion vers la droite, d’un coup ! La descente est un régal, je redouble les voitures car ça bouchonne plus ou moins, bien cramponné à mon guidon. Un bon moment plein de sensations et un cri de satisfaction à la fin !

A ce moment là, j’ai failli repartir vers Nantes et remonter la Loire car un festoche avait lieu à Corsept. Tiken Jah Fakoly, Tètes Raides, Les Ogres… mais malheureusement ce beau monde passe vendredi ou dimanche. Du coup, direction le camping du Pas de Gû à St Brévin l’Océan, que je recommande. Tout simple, pas cher, super accueil et convivial puisque mes voisins, trois jeunes en week-end, m’invitent à partager grillades et bières.
Une bonne petite soirée et même une très bonne journée !