J'avoue ne jamais avoir été un inconditionnel des grands voyages. Je ne suis jamais parti très loin et très longtemps, je n'en ressens pas l'envie ni le besoin. Je n'ai jamais trop cru qu'on s'ouvrait au monde en allant de l'autre côté de la planète.
Toutefois, j'ai envie de faire une petite coupure, de prendre le temps en laissant de côté mon quotidien mais aussi de vivre une aventure où je puisse découvrir des paysags, des villes et villages, des gens mais aussi et peut-être surtout où je me puisse me découvrir. Le voyage à vélo s'y prête particulièrement. C'est un voyage à échelle et à taille humaines où l'on respecte l'autre, les paysages, l'environnement et où l'on se respecte. Où le déplacement est un voyage à part entière et non pas une liaison contrainte. Je l'envisage comme une espèce de petit voyage initiatique qui germait dans ma tête depuis quelque temps. Ma situation personnelle ayant évolué, elle s'y prête parfaitement. C'est une occasion de faire le point, seul sur mon vélo, dans des paysages superbes et en totale liberté.
Je pensais initialement partir plus loin, en Europe du Nord, car j'aime cette culture, voire faire l'Eurovélo6 qui relie l'Atlantique à la mer Noire. Finalement je reste en France. Peut-être un peu par appréhension de partir loin pour un premier grand voyage. Mais aussi pour des raisons de temps disponible et puis je m'aperçois que je ne connais que très peu la France. Au départ jusqu'à Millau, et au retour depuis La Rochelle, les terres me sont connues mais pour le reste, c'est la découverte ! Et puis sur ce parcours, je pourrai certainement faire des haltes chez des amis, de la famille que je vois rarement.
Le fil conducteur restera l'eau, non par déformation professionnelle mais parce qu'à vélo on essaie toujours de longer les cours d'eau pour des raisons de dénivelé et puis les rivières sont des axes de communication. Le Tarn, l'Ardèche, la Loire, L'Océan, le Canal de Garonne... je trouve le programme sympathique. Le départ et l'arrivée à Toulouse sont un peu symboliques. Aucun autre moyen de transport que le vélo et mes jambes. Cette idée de fermer son appart à clé, de s'en éloigner et de revenir en sens inverse 50 jours plus tard m'excite !
Dernière interrogation. Partir seul ? C'est un peu angoissant cette idée de s'isoler 50 jours. Il est difficile de trouver un partenaire sur mesure pour un tel circuit et puis le côté voyage initiatique incite à la solitude. Toutefois, celle-ci sera ponctuée de la visite des amis et la famille (environ huit points d'arrêt), des rencontres que j'espère au grè des villes et villages et sur les routes mais aussi de quelques tours de pédale d'amis en ma compagnie.